La pneumologie est sans doute le domaine de la pathologie qui offre le plus large champ d’application à la prévention. L’appareil respiratoire est en effet exposé en permanence à des polluants infectieux, particulaires ou gazeux à potentiel pathogène, responsables de maladies aiguës ou chroniques d’une grande diversité d’expression : infections respiratoires, asthme, pneumopathies d’hypersensibilité, bronchite chronique et emphysème, fibroses interstitielles, pneumoconioses, cancers broncho-pulmonaires et pleuraux... Cette vulnérabilité a heureusement pour corollaire le caractère évitable de ces affections, à la triple condition d’en connaître les agents responsables, de disposer des moyens techniques capables de les réduire sinon de les éliminer, et de bénéficier de la coopération de ceux que l’on cherche à protéger.
Dans ces trois domaines, d’importants progrès ont été accomplis au cours des dernières décennies. On peut dès lors s’étonner, en ce début du XXIe siècle, de l’absence de recul significatif des cancers bronchiques chez l’homme et de leur augmentation chez la femme, et de la progression des bronchopneumopathies chroniques obstructives et de l’asthme, pour n’envisager que ces trois pathologies ubiquitaires. Pourquoi cette situation paradoxale ? Méconnaissance de certains risques, efficacité insuffisante de nos stratégies de prévention, manque de vigilance des populations menacées ? Sans doute chacune de ces trois éventualités a-t-elle sa part de responsabilité, mais les analyser exigerait de longs développements, ce à quoi cet éditorial ne saurait prétendre. Notre objectif se limite à une réflexion sur le rôle que peut aujourd’hui jouer dans la sauvegarde de la santé respiratoire la communauté pneumologique, dans ses différentes composantes - pneumologues cliniciens, chercheurs, ou acteurs en santé publique, professions paramédicales qui interviennent auprès d’eux, et structures qui les rassemblent. |